16 mai 2010

"Le quai de Ouistreham", le prix Joseph Kessel pour Florence Aubenas

Dans "Le quai de Ouistreham", Florence Aubenas raconte l'expérience qu'elle a vécu, après avoir pris le rôle durant six mois, de vivre dans le monde des travailleuses pauvres, travaillant et vivant comme celles qui n'ont que peu pour joindre les deux bouts. 

De février à juillet 2009, elle est donc partie incognito enquêter en Normandie, s'inscrivant comme chômeuse au Pôle Emploi de Caen avec un faux CV de quadragénaire bachelière sans qualification, mais sous son vrai nom, sans jamais être reconnue.

Elle a accepté un stage bidon et suivi les conseils du sous-traitant de Pôle Emploi qui, faute de mieux, lui a proposé de devenir «agent de propreté», fait la tournée des boîtes d’intérim, puis enchaîné des missions en tant qu’employée au nettoyage à bord du ferry pour l’Angleterre, à Ouistreham. Des mois à récurer les cabines et les toilettes pour un salaire de misère (du travail en miettes pour moins de 700 € par mois) et dans des conditions infâmes (horaires plus qu'atypiques, déplacements incessants, prestations chronométrées, douleurs physiques et fatigue nerveuse…). Un univers sans espoir où le «travailler plus pour gagner plus» n'est qu'un leurre au cynisme consommé, et où la seule règle en vigueur est de se faire exploiter en fermant sa gueule, au nom de la sacro-sainte «concurrence».

En avril, le livre document était déja en tete des ventes selon IPSOS-Livres Hebdo. Le prix Joseph Kessel est chaque année remis par la Scam - Société civile des auteurs multimédia - à un "ouvrage dans la veine de Joseph Kessel" explique le jury à l'AFP.

Un prix de plus car la journaliste a déjà reçu pour le même ouvrage le Prix Amila-Meckert, couronnant un livre de critique sociale ainsi que d'expression populaire.


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